Ce qui bloque vraiment une femme Ă s'assumer pleinement. Pas en surface â pas "porter du rouge" ou "prendre la parole en public". En profondeur. D'oĂč vient cette hĂ©sitation, ce petit temps de retard entre ce qu'on ressent et ce qu'on ose montrer ?
Je crois que ça vient de trĂšs loin. D'un fĂ©minin qu'on nous a appris Ă adoucir, Ă rĂ©duire, Ă rendre discret pour ne dĂ©ranger personne. Beaucoup de femmes portent encore une blessure invisible : celle d'avoir dĂ» choisir, Ă un moment, entre ĂȘtre aimĂ©e et ĂȘtre pleinement elles-mĂȘmes.
Voilà quelque chose que j'ai mis des années à comprendre, et que je vois encore trop peu de femmes s'autoriser à admettre : on ne "devient" pas féminine. On y revient. Encore et encore, comme une marée.
On vit dans un monde qui valorise le faire â produire, avancer, cocher des cases, prouver sa valeur par l'action. Beaucoup d'entre nous, femmes entrepreneures, mĂšres, actives, avons appris Ă vivre presque exclusivement dans ce mode-lĂ . Le problĂšme, c'est que l'Ă©nergie fĂ©minine, elle, ne fonctionne pas comme ça. Elle ne se produit pas, elle se reçoit. Elle ne s'active pas sur commande, elle se laisse traverser.
C'est lĂ oĂč je veux ĂȘtre honnĂȘte avec toi : on ne se reconnecte pas Ă son Ă©nergie fĂ©minine en lisant un post Instagram ou en s'offrant un bain moussant un dimanche soir. Le corps et le systĂšme nerveux qui ont Ă©tĂ© en hypervigilance pendant longtemps ont besoin de temps pour redescendre.
C'est un peu comme un muscle qu'on a suractivĂ© d'un cĂŽtĂ© et laissĂ© s'endormir de l'autre. Le cĂŽtĂ© "faire" est fort, rĂ©actif, rapide. Le cĂŽtĂ© "ĂȘtre" â accueillir, ressentir, faire confiance sans tout contrĂŽler â a besoin d'ĂȘtre rĂ©entraĂźnĂ©, doucement, sans brutalitĂ©.
Une femme qui s'assume ne performe pas la fĂ©minitĂ© comme un rĂŽle Ă tenir ; elle laisse simplement remonter ce qui est dĂ©jĂ lĂ , sous les couches de contrĂŽle et d'adaptation sociale. C'est cette mĂȘme qualitĂ© de prĂ©sence, sans urgence ni justification, qu'on cherche Ă retrouver quand on parle de "s'assumer en tant que femme".
Depuis combien de temps es-tu en mode action, sans vraiment redescendre ? Quelle petite part sensorielle et féminine de toi attend, patiemment, que tu lui fasses à nouveau de la place ?