On se dit souvent qu'on manque de rigueur, de motivation, de constance. Mais si le vrai problème n'était pas là ? Si, en réalité, on avait simplement passé des années à courir après ce qu'on attendait de nous — être irréprochable, disponible, performante — au point d'oublier ce qu'on voulait, nous, au fond ?
Cette semaine, la vie m'a rappelé cette leçon d'une façon assez directe. Je me suis déboîté le genou — je ne sais même pas comment, j'ai dû trop forcer en marchant vite, entre deux rendez-vous, sans même m'en rendre compte sur le moment. Et puis la douleur est arrivée, brutale, celle qui te coupe le souffle et t'oblige à t'arrêter net, là, au milieu de tout ce que tu avais prévu de faire. J'ai dû filer chez le médecin en urgence, avec cette sensation étrange d'être suspendue entre deux vies : celle qui avance sans s'arrêter, et celle qui, soudain, n'a plus le choix.
Je crois que c'est ça, être humaine. Ce n'est pas seulement porter les autres, les inspirer, les accompagner. C'est aussi, parfois, se retrouver soi-même fragile, avec une douleur bien réelle dans le corps, et devoir accepter qu'on n'a pas toujours le contrôle. Le genou qui lâche quand on ne s'écoute plus, ce n'est pas un hasard : le corps a souvent un temps d'avance sur nous pour nous dire de ralentir. Et il n'y a rien de honteux à le reconnaître, même quand on est celle qui, d'habitude, tient tout debout pour les autres.
Et au milieu de cette semaine chahutée, il y a eu un vrai cadeau : un ami parti en vacances a pensé à moi et m'a offert un bijou magnifique, un coquillage et un fil rouge. Un geste tout simple, mais qui m'a fait un bien fou — la preuve que même quand tout s'accélère, il y a toujours quelqu'un qui pense à nous.
Il y a autre chose dont j'ai envie de te parler, parce que ça m'a marquée. J'étais dans un restaurant, un moment simple, censé être agréable. Et j'ai croisé des gens qui se permettaient de critiquer gratuitement, de rabaisser, avec une méchanceté presque tranquille — sans chercher à encourager, sans chercher à comprendre, juste pour le plaisir de juger. Et je me suis dit : après tout ce chemin, toutes ces années, l'être humain n'a finalement pas tant évolué que ça. Il y aura toujours des gens qui préfèrent éteindre la lumière des autres plutôt que d'allumer la leur.
Mais voilà ce que je sais, aussi : ce n'est pas ça qui fait avancer. La critique gratuite, la méchanceté, le jugement sans bienveillance — ce n'est jamais ce qui mène à la manifestation, à la joie, à la possibilité. Ce qui fait avancer, c'est l'inverse : encourager, tendre la main, croire en ce que l'autre est en train de construire, même quand on ne comprend pas tout. J'ai choisi, ce jour-là comme les autres, de ne pas laisser cette énergie s'installer en moi. On ne peut pas empêcher les gens d'être ce qu'ils sont, mais on peut choisir de ne pas leur donner le pouvoir de nous arrêter.
C'est un peu tout le sujet de la formation d'accélération que je suis en ce moment, pour muscler mon déploiement de visibilité sur les réseaux. Parce que se montrer, partager, exister publiquement, ça expose forcément au regard des autres — et donc, parfois, à leur méchanceté aussi. On travaille beaucoup, dans cette formation, sur comment construire une présence qui tient dans la durée : la cohérence du message, la régularité, oser être vue même imparfaite, plutôt que d'attendre d'être "prête" ou irréprochable pour se lancer.
Et je crois que c'est là toute la nuance : se former et créer pour les autres n'empêche pas d'avoir soi-même besoin d'être guidée. On peut être du côté de celle qui enseigne, et rester, en même temps, une élève — continuer à apprendre à encaisser le jugement sans se laisser éteindre, à rester fidèle à sa voix même quand elle dérange. Ce n'est pas une contradiction, c'est même une preuve de lucidité.
De mon côté, j'avance sur les derniers réglages de La Muse : je peaufine les bonus, je retravaille certains modules pour qu'ils soient encore plus clairs et concrets. La Muse, c'est justement construit autour de quatre piliers — l'identité, la confiance, le message et la visibilité — parce que ce sont, dans cet ordre, les fondations qui manquent le plus souvent quand on veut se montrer sans se perdre en chemin. Apprendre à savoir qui on est avant de savoir comment le dire, apprendre à encaisser le regard des autres sans se laisser dévier de sa mission : c'est exactement ce que je veux transmettre à mes entrepreneures à travers ce programme.
Et en parallèle, j'ai commencé de premiers contacts avec des fournisseurs pour ma marque de vêtements — pour voir les tarifs, les possibilités, sans encore avoir trouvé l'usine qui me convient vraiment. Tout ça avance en parallèle, à son rythme, sans se précipiter.
Et toi, est-ce que ce que tu appelles "un manque de discipline" ne serait pas, en réalité, une trop longue habitude de répondre aux attentes de tout le monde sauf aux tiennes ?